© Guiguilap

31

Jul

Peurs & Doutes.

Ce soir, je ne dors pas. Ma mère et moi prenons le train pour la banlieue lyonnaise demain matin à neuf heures. Signer un compromis de vente, voilà le motif qu’elle m’a donné… Demain, après qu’elle et mon père aient signé, je serai fixé sur mon sort, et serai sûr de partir de ma région. J’y suis depuis le début des années 2000 - 2002 pour être exact - et j’ai mis du temps à trouver mes points d’attache, même si je commence à tourner en rond et à trouver cet endroit “perdu”. Je pars d’une ville paisible à une ville plus “chaude” et “banlieusarde”. Je suis quelqu’un qui aime bouger, ça c’est sûr. Mais en même temps, je suis très “faible” psychologiquement par rapport à mon foyer ; c’est quelque chose auquel je tiens énormément, et j’ai toujours peur qu’un changement tel qu’un déménagement (ou un souci de santé, comme il y en a eu plusieurs qui ont été graves) puisse le détruire ou le fragiliser. J’ai un peu l’impression que si mon foyer se disloquait, ce serait toute une partie de moi qui s’en irait.

Pour continuer à propos de ma nouvelle vie qui commence, en septembre, je rentre dans un nouveau lycée. Je ne connais personne, et c’est donc tout un cercle d’amis que je vais devoir me créer. Par ailleurs, je sais aussi que je perds mes amis “d’ici”. Et je me rends compte que les gens que je ne pensais pas apprécier plus que ça dans mon école me manquent de plus en plus. Je sais qu’avec moi c’est toujours un peu difficile la création d’une vraie amitié sincère. Je fais comme si tout allait bien, mais intérieurement je sens que je ne vais pas facilement vers les autres personnes de mon âge, et que quand j’y vais je cherche à m’adapter à mon interlocuteur. Ce n’est pas pour autant que je ne réussis pas, mais il me faut quelques mois pour réussir à faire confiance à quelqu’un dans la vie réelle, et à réellement me sentir à l’aise en sa présence. Peur de ne pas passer pour ce que je suis, peur de donner une mauvaise image, peur de ne pas plaire, peur de tout simplement approcher. Chose que le net débloque de plus en plus, d’ailleurs.

Quant à mon métier, j’ai souvent exprimé le désir de mener des études de médecine. Médecin, quel beau métier à mes yeux…. Je commence à déchanter. Ce ne sont pas les études qui me font peur, loin de là, pour moi le jeu en vaut la chandelle. C’est surtout la vie que je mènerai à baigner dans la maladie qui me fait m’interroger. Je crains qu’exercer la médecine ne crée ce phénomène : “Je me demande sans arrêt si quelque chose pourrait casser un petit temps de bonheur.”. En tous cas rien que l’idée d’autopsier un corps, ce qui est un passage obligatoire durant les premières années, me fait penser que je serai hanté quelque part en moi. C’est pourquoi je pense aussi au journalisme. J’aime énormément écrire, j’aime aussi découvrir. Je crois que ce métier concilie à la fois la connaissance, la découverte et la rédaction, tout en permettant de s’épanouir. En tous cas, même si je ne compte pas pour autant oublier la médecine et que je veux toujours me donner à fond dans mes études, je sais que quelque chose d’autre me passionne, et intérieurement ça me rassure.

Voilà tout ce qui me passe par la tête à une heure et demie du matin. J’avoue que ça fait beaucoup de “Je”. En espérant que les jours qui viennent soient plus déterminants…